Mary Gauthier


photo Senor McGuire
en concert
lundi 18 avril 20050

La Java

new album
"Mercy Now" Lost Highway

long way to fall


Mary Gauthier

dimanche 11 mai 2003
à l'Espace Jemmapes
avec special guest John Lester

"Ecouter pour la première fois sa voix traînante et écorchée c'est prendre un risque.
Des voix comme ça il y en a pas beaucoup. Elles brûlent, elles donnent la fièvre des bayous, fièvre mortelle des fondus de la musique." Libération.
"Elle a signé un des albums les plus impressionnant de l'an dernier, d'une incroyable noirceur, mais doublé d'un humour féroce, d'une humanité totale." Nouvel Observateur
"Pourrait bien avoir enregistré l'album de l'année, c'est un point de vue et la vérité." Inrockuptibles
"Il faut à tout prix s'y intéresser pour peu que l'on aime des âmes torturées à la Steve Earle". Crossroads
"Fait preuve d'un mordant un peu las, d'une franchise ouvertement adulte, d'une aisance dans l'expression des sentiments qui troublent forcément... disque de la semaine." Figaro


Mary Gauthier

en concert à l'Hôtel du Nord
Dimanche 5 & Lundi 6 Mai 20 h

Hot new album "Filth and Fire"

+ special guest
Michael Weston King

Si vous étiez au concert de Mary au mois de janvier vous saurez pourquoi elle est si vite de retour. Non seulement exceptionnelle le concert a attiré plus de monde que les débuts de Ryan Adams en novembre 2000. Immense succès pour une chanteuse qui a fait l'unanamité dans la presse française. "Ecouter pour la première fois sa voix traînante et écorchée c'est prendre un risque. Des voix comme ça il y en a pas beaucoup. Elles brûlent, elles donnent la fièvre des bayous, fièvre mortelle des fondus de la musique." Libération.
"Elle a signé un des albums les plus impressionnant de l'an dernier, d'une incroyable noirceur, mais doublé d'un humour féroce, d'une humanité totale." Nouvel Observateur
"Pourrait bien avoir enregistré l'album de l'année, c'est un point de vue et la vérité." Inrockuptibles
"Il faut à tout prix s'y intéresser pour peu que l'on aime des âmes torturées à la Steve Earle". Crossroads
"Fait preuve d'un mordant un peu las, d'une franchise ouvertement adulte, d'une aisance dans l'expression des sentiments qui troublent forcément... disque de la semaine." Figaro

Rencontre avec Mary Gauthier

La perdante magnifique

A 15 ans, gay et alcoolique, elle fuyait sa famille de bigots pour plonger dans la marginalité. Après des années de dérive, elle est en passe de devenir une légende de la country music

Sans-abri, Davey vit sous le Cow Key Bridge, ruban d’asphalte qui relie la Floride à Key West, paradis perdu où des Américains et Canadiens engourdis par l’hiver vont passer un Noël ensoleillé. Pour Davey et ses frères de galère, c’est aussi la fête. Ils ont piqué un sapin et l’ont décoré «de rubans rouges, de cloches d’argent, d’anges habillés de blanc». Davey danse au bord de la chaussée et lance des «Joyeux Noël!» aux touristes qui foncent sans un regard pour lui. Davey est le personnage central de «Christmas in Paradise», une des perles du troisième album de Mary Gauthier (prononcez «gaucher»), la plus formidable songwriter apparue aux Etats-Unis ces dernières années, petite sœur des Guy Clark, des Gus Van Zandt, poètes d’une country music si belle que seuls les sourds peuvent la confondre avec les crétineries produites à la chaîne à Nashville.
Davey existe, Mary est son amie. Cette fille voit tout. Surtout ceux que les autres ne veulent pas voir, les anges déchus, les malades, les drogués, les condamnés à mort, tous les «déviants». Ces fantômes, Mary Gauthier les connaît bien. Elle a longtemps partagé leur vie. Elle a failli en mourir.
Mary Gauthier est née à Thibodaux, un bled de Louisiane, dans une famille ultraconservatrice, républicaine et catholique. Mauvaise pioche pour cette fille rebelle qui comprend très tôt que les garçons ne seront jamais sa tasse de thé. «La tendance naturelle des chrétiens, surtout dans le Sud où j’ai grandi, est d’imposer leur religion aux autres. S’ils se contentaient de vivre comme ils l’entendent, ça m’irait. Le problème, c’est que j’ai vite découvert que je devais constamment me défendre contre eux, et encore aujourd’hui à Nashville où je vis. Cette ville, c’est le quartier général des baptistes du Sud, des gens qui interdisent à leurs enfants les dessins animés de Mickey Mouse parce que Disney a financé "Helen", une sitcom dont l’héroïne est une lesbienne…»
Très vite, Mary Gauthier n’a vu qu’une issue: fuir. A peine adolescente, elle commence à boire.Enormément. A 15 ans, elle vole la voiture familiale et s’enfuit. Un an plus tard, son père la retrouve dans un centre de désintoxication, et la ramène à la maison. Nouvelle fugue, cette fois définitive. Elle fêtera ses 18 ans dans une prison de Kansas City. Mary vit dans des squats, avec des prostitués transsexuels, des drogués, décimés par le sida, âmes en peine à qui elle a dédié une de ses plus tendres chansons, «Drag Queens in Limousines» (titre de son deuxième album).
Jusqu’au jour où, dans un sursaut, elle décide de ne pas mourir. Elle apprend la cuisine, et ouvre bientôt à Boston le Dixie Kitchen, un restaurant («pas un plat au-dessus de 10 dollars») fréquenté par des étudiants et des Noirs du Sud qui retrouvaient chez elle les saveurs de leur enfance. Après dix ans aux fourneaux, elle revend sa part de l’affaire et reprend sa guitare. Elle n’a jamais oublié que, des années plus tôt, dans un bar de motards, elle avait chanté «Sam Stone», une chanson de John Prine sur un vétéran du Vietnam héroïnomane: «Quand j’ai vu les larmes rouler sur les visages de ces mecs, j’ai compris le pouvoir des mots. Depuis j’écris avec cette image en tête. Je veux faire pleurer les durs.» BERNARD LOUPIAS NOUVEL OBS

CD: «Filth & Fire», Socadisc.

Mary Gauthier est née à Thibodaux, en Louisiane. Après des années de fugues et de cures de désintoxication, elle tiendra un restaurant à Boston pendant dix ans, avant d’enregistrer à 33 ans «Dixie Kitchen» (1997) puis «Drag Queens in Limousines» (2001) et «Filth & Fire» (2002).

Manou's eye view du concert le 27 janvier

La salle était archi comble (un dimanche soir !) pour la première venue à Paris de Mary Gauthier dans le nouveau temple du folk. Inconnue sur notre sol, elle a été l'an passé la coqueluche des grands festivals américains, la presse ne tarant pas d'éloges sur son dernier album " Drag Queens In Limousines ". Jean et chemise noire, style cow-boy, la guitariste n'a eu aucun mal à conquérir le public venu la découvrir. Il faut dire que quelques compatriotes, dont John Trudell, étaient présents comme c'est souvent le cas dans cette salle historique (également unique temple des stand-up comedians anglo-saxons de passage). L'ambiance était quasi religieuse à l'écoute des ballades et nombreuses anecdotes comptées d'une voix hypnotisante qui change radicalement quand hors de scène la dame s'adresse à vous ! On est tout fier d'entendre que l'Hôtel du Nord est un bien meilleur endroit que tous les clubs rocks pourris où la dame s'est produite. A voir et surtout à entendre donc !



en concert à l'Hôtel du Nord
Dimanche 27 Janvier 2002


Mary à tout prix (Stephane Deschamps Inrockuptibles)

MARY GAUTHIER Drag queens and limousines (Munich Records/Socadisc)
"Les poissons nagent, les oiseaux volent, papa hurle, maman pleure, les vieillards s'assoient et réfléchissent, je bois". Et les auditeurs trinquent. Peinent à bredouiller trois mots pour convaincre d'autres auditeurs qu'il y a urgence absolue à écouter Drag queens and limousines. Que les choses soient claires : Mary Gauthier, originaire de Louisiane, joue de la country et du folk. A ceux qui sont encore là, il faut préciser que Mary Gauthier joue de la country et du folk comme on n'en avait jamais entendu, ou comme Billie Holiday chantait du jazz, avec le c¦ur en milliards de morceaux et une infinie compassion pour les damnés de la terre ­ ses pairs. Sur la pochette (aussi laide que le disque est beau), Mary Gauthier ressemble à une institutrice un peu pète-sec. Mais dans le disque, c'est piquouze, gnôle et gaz lacrymal à tous les étages. Mary sings the blues. ³Si je parle de ces gens, c'est parce que ce sont mes amis², explique Mary Gauthier à ceux qui s'étonnent de croiser des junkies, des strip-teaseuses, des condamnés à mort, des boys qui meurent du virus, des parents qui crèvent de médiocrité, des écrivains au regard sombre, des drag-queens et des limousines dans le disque d'une jeune chanteuse country. Mary Gauthier goûte la vie de bohème ­ pas bourgeois bohème : prolo bohème, bohème qui en chie, bobo-bo. Avant de se lancer dans la chanson pauvre mais digne, Mary Gauthier tenait un restaurant à Boston (le Dixie Kitchen, qui était aussi le nom de son premier album). Et on l'imagine mieux à la plonge ou en cuisine qu'à la caisse. Et on est heureux qu'elle se soit recyclée. Car si manger est bon, si boire est bon, écouter Drag queens and limousines est encore meilleur ­ boire (un alcool fort) en écoutant Drag queens and limousines (un disque très fort) est sans doute ce qu'il y a de mieux. La musique de Mary Gauthier est simple : des guitares acoustiques ou à peine électrifiées, de l'orgue, de la mandoline, un peu de violon et d'harmonica. Des chansons percluses, au cafard profond mais nuancé, comme on n'en avait pas entendu depuis le dernier passage de Neil Young chez le coiffeur. Une voix sensible qui part en volutes, caresse et blesse en même temps, doucement terrassante. Ces bouleversantes chansons d'addiction (à l'alcool, la drogue, l'amour, la liberté), de solitude et de bout du rouleau, personne n'aurait pu les chanter mieux que Mary Gauthier. Elle a tout compris à la vie, mais celle des autres plus que la sienne. Ces contes de naufragés de l'Amérique à portée universelle, personne ne les avait aussi bien écrits et incarnés depuis Dorothy Alison et son histoire de Bone, depuis les vieilles copines Thelma et Louise. Quand Mary Gauthier chante "Tu as des n¦uds dans l'estomac", l'auditeur aussi a des n¦uds dans l'estomac. Ces chansons d'addiction sont addictives. "Je sais que c'est dur de connaître la vérité, alors nous vivons avec des points de vue", chante Mary Gauthier. Drag queens and limousines pourrait bien être l'album de l'année, c'est un point de vue et c'est la vérité.
Stéphane Deschamps

Mary Gauthier Drag Queens In Limousines (Munich/Next Music)
Drag Queens In Limousines est le second disque de cette chanteuse de country/folk originaire de Louisiane. Et il faut à tout prix s'y intéresser pour peu que l'on aime des âmes torturées à la Steve Earle. Sans manquer de respect à Mary ­au passage, Gauthier se prononce "Go-Shay"-, on pense, à l¹écoute de ses chansons à un Steve Earle au féminin. Une formule un peu
lapidaire mais assez juste. On est donc pas très loin de Lucinda Williams. Dans Drag Queens In Limousines, il est question de drogue, d¹alcool et d¹amour aussi. On sent que Mary en a bavé et l¹on ne peut s¹empêcher de penser à une autre chanteuse qui finit, elle, par mourir du manque d¹amour : Janis Joplin. On ne souhaite bien évidemment pas le même sort à Mary Gauthier, dont le disque et la tournée sont tous deux couronnés de succès.
Michel Vignaud Compact Crossroads

Moins d’un ans après le lancement de son deuxième album, 'Drag Queens in Limousines,' à la fin de 1999, Mary Gauthier avait été la vedette sur la scène de plus d`une douzaine de festivals dont: Newport Folk Festival, Strawberry Music Festival, Falcon Ridge Folk Festival, Winterhawk2000: Bluegrass and Beyond, Rocky Mountain Folks Festival, Philadelphia Folk Festival.
Mary continue sa tournée des États-Unis à l`été de 2001 avec des présentations aux : Telluride Bluegrass Festival, Strawberry Music Festival, et Falcon Ridge Folk Festival, tout en faisant une percée en Europe avec le lancement de son 'Drag Queens in Limousines" sur l`étiquette de Munich Records. Lancé au printemps dernier, le CD continue de recevoir des éloges dans Rolling Stone, MOJO, Q Magazine et Country Music People. En octobre 2001, Mary entreprends sa troisième tournée en Europe en six mois.
Mary Gauthier explique sa musique tout simplement, "C`est dire la vérité tout en vers rimés." Mary quitta Thibodaux en Louisiane à l`âge de 15 ans, ayant pour seule destination, un endroit où elle se sentirait bien. Perplexe durant les premières années, elle dit : « Je suis surprise d’être encore vivante ». A propos de son deuxième album, Mary explique: «Écrire les chansons pour 'Drag Queens in Limousines' était ma façon de revoir le passé, mais c`était également pour célébrer les gens qui mènent une vie hors du commun, peu normale ».
En racontant les histories des gens que j`ai rencontré, incluant ceux qui m`ont accueillie chez eux, j`essaye de le côté humain de ceux que le société a rejeté. Ce sont des gens que je trouvent intéressant, peut-être parce que je me sens comme eux. Mary a écrit sur Karla Faye Tucker, la femme exécute par l`État du Texas en 1998, et les effets nocifs de l`alcool dans son "I Drink", à propos d`une danseuse nue dans son "Evangeline," et dans la chanson thème de son 'Drag Queens in Limousines', ayant trouvée son peuple. Pour son oeuvre 'Drag Queens in Limousines, Mary Gauthier a reçue : “Independent Music Award/2001”, “Silver Star Crossroads Magazine” et “GLAMA for Country Artist of the Year”. Une production de Crit Harmon, l’album a été nommé pour un “Outstanding Folk/Acoustic Album of the Year” par “Boston Music Awards”.
Critique de Gavin Report: "On peut voir un esprit Bohémien dans 'Drag Queens in Limousines," ainsi qu`une vision tordue et une voix franche. Les caractères que vous voyez dans les chansons de Mary présentent une tranche de la vie de la fin du millénaire."