
+ d'Hawaii special guest
Ken Emerson

& copains
en concert
mercredi jullet 2004
La Java
Nouveau CD "Grand" Parlophone

Si vous avez vu Erin il y a quelques mois vous saurez que cette petite boule d’énergie est une grande talent… qui faufile entre des répertoires aussi diverses que du country folk en passant par Judy Garland via Edith Piaf…. Du pop au hop avec arrêt sur le chemin dans les domaines du blues, du jazz et le swing. Et elle se pilote sur ce circuit musical seul à la guitare, qu’elle maîtrise avec une technique et sensibilité assez étonnant.
Ken Emerson habite à Hawaii et tout jeune il s’est plongé dans un style de musique locale qui s’appelle le slack-key. Même s’il était né à San Francisco et est arrivé à Hawaii dans sa jeunesse il est aujourd’hui reconnu comme un des maîtres incontestés de ce façon de jouer la steel guitar. Mais comme Erin ses atouts musicaux n’ont pas de frontières et il brille dans plusieurs registres – blues – jazz – swing – rock – country.
karel
Ken Emerson
nouveau CD "Slack & Steel"

en concert
lundi 16 fevrier 2004
La Java
Agée de 25 ans, Erin McKeown est un drôle d'oiseau. Tandis que la catégorie singer-songwriter se caractérise par un excès d'homogénéité et que les nouvelles chanteuses sont, soit des ersatz de Britney Spears, soit des âmes torturées qui peuvent laisser sceptiques, Erin propose une alternative susceptible de modifier les règles du jeu. Tant qu'il y aura des gens sensibles à l'esprit acerbe de Randy Newman, aux manières innovatrices de Björk et Liz Phair, aux arrangements complexes d'Elvis Costello, le nouveau disque d'Erin s'imposera comme une nécessité dans la discothèque de tous les amoureux de musique.Erin vient de Fredericksburg, Virginie. Elle a commencé le piano à l'âge de trois ans et a, depuis, appris à jouer d'autres instruments parmi lesquels la basse, la batterie et surtout la guitare. Elle a débuté dans un groupe de reprises, au lycée, et a vite su à quoi elle se destinait : "Etre dans un groupe avec des garçons ados quand on est une fille de quinze ans n'est pas toujours drôle, se souvient-elle. Me mettre à composer m'a semblé l'évolution logique."
Etant jeune, Erin a eu d'autres centres d'intérêts que la musique. Elle s'est inscrite à la Brown University pour apprendre la biologie, mais en est sortie avec un diplôme de théâtre : "Dès que j'ai réalisé que je ne voulais pas être une scientifique, j'ai commencé à essayer de me produire un peu partout."
Jouer ses chansons devant un public est vite devenu une obsession pour Erin, et elle s'est forgée une véritable carapace sur scène. Elle est parvenue à s'établir une réputation à la manière des troubadours.
Son premier album "Distillation", Produit par son ami et partenaire musical David Chalfant, a été publié 2000, et la critique, Mojo en tête, l'a encensé. Dans la foulée de ce premier disque, Erin a été élue Meilleure artiste folk de l'année 2000.Le nouvel opus d'Erin McKeown "Grand" est un merveilleux album qui brasse tous les genres, de la pop au rock'n'roll en passant par le jazz de la Nouvelle-Orléans, le folk et le blues fracturé. David Chalfant y collabore en tant que producteur, ainsi que les batteurs Brian Jones et George Javori (Shivaree). " 'Grand' est plus proche de ce que j'écoute que 'Distillation', confie Erin, assise sur le toit d'un hôtel de West Hollywood. Ce que j'ai commencé à entendre dans ma tête, depuis quelque temps, était relativement plus élaboré et ambitieux, au plan du chant notamment, que ce que j'ai enregistré à l'époque de 'Distillation' ".
A l'automne 2002, Erin, David et Brian Jones se sont enfermés deux semaines aux légendaires Longview Farm Studio de North Brookfield, Massachusetts, et y ont enregistré les deux tiers de l'album. Ils sont ensuite retournés au studio de David, Sackamusic à Conway, pour enregistrer les voix et ajouter la touche finale. C'est à Sackamusic que la vision définitive de l'album leur est apparue. Ils ont alors estimé que "Grand" avait besoin d'un coup de pouce et ont enregistré quatre chansons supplémentaires. "Slung-Lo" et "Cosmopolitans" ont ainsi été mises en boîte à la derrière minute, ainsi qu'une reprise de "Lucky Day", un standard de Judy Garland, enregistrée en une seule prise.
Cette spontanéité est également évidente dans "Slung-Lo" et "Cinematic", une chanson qui rend hommage au Hollywood d'antan et qui, selon Erin, symbolise à merveille le nouvel album.
Mais si "Cinematic" donne son ton au disque, des chansons comme la très réaliste "A Better Life", la voluptueuse "The Taste Of You" ou la férocement lounge "Cosmopolitans" en sont le cur et l'âme.
Les goûts musicaux d'Erin McKeown sont aussi divers que les arrangements de "Grand". En plus de Judy Garland, elle cite Edith Piaf et Pasty Cline parmi ses chanteuses préférées. Mais si on lui demande ce qu'elle écoute actuellement, elle répondra : "Missy Elliott. Je craque sur le hip-hop en ce moment." Et elle adore aussi Radiohead
Même si sa notoriété et le nombre de ses fans augmentent, Erin veut que les choses restent simples : "J'espère sincèrement que les gens qui aiment la bonne musique, au-delà des clivages de genres, se procureront tous ce disque."
(article réalisé à partir de la biographie officielle de la chanteuse)
« Il n’y a pas d’invité vedette sur ce disque, pas de grand nom pour grimper au hit parade. En fin de compte, je devais vivre ou mourir selon mes propres règles ». Question de vie ou de mort, donc. Les mots sonnent sans doute un rien grandiloquent pour un simple disque. Sauf qu’Erin McKeown cultive la passion musicale depuis sa proverbiale plus tendre enfance.
La jeune native de Virginie, aux Etats-Unis, commence avec le piano à l’âge de trois ans. Suivront la basse, la batterie et plus particulièrement la guitare. L’instrument des leaders par excellence. Aussi, lorsqu’elle pousse ses premiers tours de chant dans un groupe de lycéens, Erin déchante (hahaha) assez vite : « Jouer dans un groupe avec de jeunes garçons n’est pas si drôle lorsque tu es une fille de quinze ans » révèle-t-elle allusivement. Une seule solution : écrire ses chansons et voler de ses propres ailes.
Jouer à droite à gauche
Fraîchement sortie du lycée avec mention « comédie musicale » sur son diplôme, Erin s’inscrit à l’université, prévoit des études de biologie mais prend rapidement la tangente artistique. « J’ai réalisé que je ne voulais pas du tout devenir scientifique, alors j’ai commencé à courir les salles du coin pour jouer les scènes ouvertes. Après ma première année post-lycée, j’ai sauté dans un bus et je suis allée jouer à droite à gauche ». A peine un an plus tard, la chanteuse itinérante sort un CD regroupant ses enregistrements. La compilation attire alors l’attention du label américain Signature Sounds qui donne carte blanche à Erin et son complice David Chalfant. Le résultat, Distillation, s’écoule tranquillement à 30 000 exemplaires et reçoit un certain enthousiasme critique outre-Atlantique.
« Peu après la sortie du disque, j’ai eu l’impression de ne plus pouvoir jamais écrire une chanson. Je n’arrêtais pas d’y penser. J’ai donc décidé de m’enfermer chez moi et de ne pas en sortir tant que je n’aurais pas écrit une chanson. Après trois heures perdues devant le piano, j’ai pris ma guitare et joué une grotesque imitation de musique country pour en finir et sortir ». Cette reprise forcée se retrouve aujourd’hui sur Grand, son deuxième album, et s’appelle How to be a lady, attendrissante pièce échappée d’une comédie musicale imaginaire. Des traces de son éducation musicale également présentes sur Vera, superbe piano-voix écrite pour l’opéra bizarroïde de Shawn Wallace, Dylan Thomas in America.
A côté des musical à l’américaine (voir Notre Dame de Paris après Cats ou Chicago, ça reste quand même un coup à vous filer la honte d’être Français), Erin McKeown avoue des goûts pour Radiohead, un CD de Missy Elliot dans sa platine et une admiration pour Patsy Cline ou Edith Piaf. « J’aime tous les styles de musique, et je pense que beaucoup de gens sont comme ça aussi. J’aime être surprise par la musique, découvrir des choses, et je voulais que Grand soit toutes ces choses à la fois. C’est un peu mon rêve de la manière dont peut sonner un disque, de ce qui m’intéresse en tant qu’auteur, de la contribution que je pense apporter en tant qu’artiste. Tu ne peux pas en demander plus pour ton dernier projet en date ».
Célébrité et féminité
L’influence mère spirituelle d’Erin reste toutefois Judy Garland, dont une reprise apaisante de Lucky Day figure sur le disque. « Elle a été un thème évident sur cet album, débordant sur les titres, les histoires, la longueur des chansons… J’ai pensé utiliser une de ses chansons pour matérialiser sa présence ». L’influence biographique de Garland transparaît plus particulièrement dans l’électrique Cinematic, qui ouvre véritablement l’album après la très Beatles-style Slung-lo. « Cette chanson prépare le terrain, musicalement, émotionnellement et textuellement. Ce n’est pas forcément la meilleure, mais elle explique bien le sujet de Grand : l’expérience simultanée de la célébrité et de la féminité ». Erin prévient toutefois : « Ce n’est pas un disque sur ma vie. Il y a d’autres personnes dont les histoires me fascinent ».
A l’écouter aujourd’hui, la jeune songwriter semble satisfaite de son dernier effort : « Par rapport à Distillation, Grand est plus proche de ce que je pourrais mettre dans mon lecteur CD. Ce que j’entendais dans ma tête était un peu plus compliqué et ambitieux que ce que j’avais fait avant ». L’écoute de l’œuvre lui donne raison. Entre ballades doucement torturées et popsong feutrées, Erin développe un univers très singulier fait d’arbres en fleurs et de soucoupes volantes, de matins ensoleillés et de jazz-club éclairés avec style. La voix, charmante, magnifie le tout. L’effet est agréable, les fans de plus en plus nombreux mais Erin a conscience de la simplicité affichée qui tient l’édifice acoustique. « J’espère juste que les gens qui aiment la bonne musique, quelles que soient leurs préférences, apprécieront ce disque ». Avec un minimum de goût, ils devraient.
camite
le 14/05/2004